TRIA FATA : LES DISEURS LES VOYAGEURS
Télescopage de mythes, croyances et symboles mis en pièces
LES DISEURS (volet 1) À l’occasion d’un jour de fête (« Aujourd’hui c’est Dimanche »), symbole en Occident du repos biblique hebdomadaire consacré aux choses de l’âme et à la réflexion sur l’Au-Delà, les TRIA FATA, trois « Fées-Parques » (les Parques ,Déesses de la Destinée,autrefois dans les mythologies grecque et romaine, assuraient le rôle de gardiennes célestes des lois de la vie et de la mort, et veillaient à l’équilibre des vivants et des morts), investies du rôle de guides spirituels et flanquées d’un jeu de miroirs de vérité auxquels rien n’échappe, célèbrent ce jour béni en déployant devant nous un mystérieux rituel aux allures d’exorcisme initiatique et libérateur. À mi-chemin entre un inconscient de foire aux visions et une incantation métaphysique, les voici occupées à réinjecter un peu de sens, de sacré, d’imaginaire et d’art critique soulevant les failles perverses du système médiatique, les impostures manipulatrices, normalisatrices et abêtissantes
LES VOYAGEURS (volet 2) Ici, les « trois Fées/Parques » intentent un procès allégorique à la LOI, celle qui régit sur terre nos sociétés, nos consciences, nos comportements. Pourquoi donc ce rituel d’accusation ? De quoi la LOI est-elle coupable ?…Dans cette parabole, la LOI est, personnifiée à gros traits péremptoires et truculents. Dès qu’apparaît, monté sur un écran à roulettes, le visage d’un homme-tronc, blanc de surcroît, se présentant sous l’identité de « Monsieur LA LOI », on comprend tout de suite que cette face d’avocat du diable, cette hure grimaçante de marionnette autocrate et ridicule va passer un sale quart d’heure.
Araignées dansantes et sphinges ailées chargées du grand livre des destinées, armées de fils de laine, d’aiguilles à tricoter, des ciseaux du Jugement Dernier, d’horloges arrêtées à l’heure de notre mort, soupeuses de sang, buveuses d’encre, bâfreuses d’argent, justicières plongées dans le clair-obscur d’une arène semblable au champ clos de notre univers, de notre tête ou de notre conscience, peuplée de miroirs déformants accoucheurs de vérités dissimulées, les TRIA FATA s’appliquent à déchirer le voile des apparences, à dessiller nos yeux, à renverser l’ordre des choses, à faire saigner nos rêves où prospèrent à notre insu les monstres archaïques, les peurs fondamentales, les maladies fantasmatiques, les trous de mémoire du mal — et au cri chanté de « Ne plus vivre mort, mourir en vie », nous indiquent, en s’envolant vers l’Ailleurs, la voie de la libération, les chemins de la liberté où peuvent à tout moment refleurir enfin le sens, le sacré, la poésie, les arts, un nouvel âge de la politique, de l’humanité réconciliée avec elle-même et avec la flagrante beauté du monde. « La réalité ne peut être franchie que soulevée » (René Char). (ADN)
photo : Jean-Pierre Montagné
Avec : Cécil Signoret, Laurence Diolez, Maylis Bouffartigue, Jérôme Giusti
Vidéo : Myriam Botto
Lumière : Christophe Deflorenne
Bande son : Mathius Shadow sky, Mathieu Hornain
Production : Compagnie monsieur madame
Co-production : théâtre de la Digue
Aide au projet : Conseil Régional
Partenaires:Le Ring, la Digue, Mix’art Myrys, Autresens, la Bassecour, Espace Marcel Pagnol


