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LE POEME IMPROMPTU : HOMME-MAGE VERTICAL

mercredi 9 et jeudi 10 mai, 20h30

Un OTNI (Objet Théâtral Non Identifié)

« Ce qui est ordonné chez l’homme, c’est l’enfant »
« Le moment de ma cons­cience est révé­lée par le moment de mon incons­cience. »
« Ma soli­tude est faites, non de ce qui me manque, mais de ce qui n’existe pas. »

A l’issue d’un long com­pa­gnon­nage avec l’œuvre de Roberto Juarroz, l’acteur trans­met la parole du poète, avec en écho ses pro­pres écrits, au sein d’impro­vi­sa­tions appuyées sur le geste et le maté­riau sonore et pro­lon­gées par de fugi­ti­ves images d’eau...
L’auteur de « l’eau et ses rêves », Gaston Bachelard n’est pas loin dans ce che­mi­ne­ment qui se pro­pose d’explo­rer le clair-obscur de l’être.

« Ces apho­ris­mes, ces voix, extraits du seul livre édité d’Antonio Porchia, Voix Abandonnées, je les ai lues peu de temps après la décou­verte de l’oeuvre de Roberto Juarroz, Poésies Verticales.
Depuis sept années, ces deux auteurs et phi­lo­so­phes argen­tins, qui furent amis, ins­pi­rés l’un par l’autre, sont des éclairages, des bali­ses, des étapes, dans ma recher­che pour dis­tin­guer Voir et Regarder, Entendre et Ecouter... l’inté­rieur, l’exté­rieur, de l’inté­rieur vers l’exté­rieur, de l’exté­rieur vers l’inté­rieur...

Entre le haut et le bas de toute vie, l’un n’étant pas, sans l’autre,
entre un concret enra­cin­ne­ment et la vacuité du ciel,
entre ful­gu­ran­ces et lentes cohé­ren­ces,
dans un monde qui tente d’asser­vir la langue, la vue, l’audi­tion et par delà nos vides, il existe une vision du vide, une écoute du silence avec cette cer­ti­tude : per­sonne pour colo­ni­ser cette vision, ce vide, cette écoute, ce silence.

En ce qui me concerne,une invi­ta­tion à décou­vrir un espace entre ces deux pen­sées sen­ti­nel­les, à venir voir, regar­der, ecou­ter, enten­dre, une explo­ra­tion entre écritures et impro­vi­sa­tions, avec ces paro­les poé­ti­ques et phi­lo­so­phi­ques qui m’ont tra­ver­sées, avec ma voix, mon corps, des sons et tous leurs silen­ces, la lumière et ses ombres, des images......des visions éphémères, des réso­nan­ces. »
Jean-marc Richon

Scénographie, concep­tion lumière : Alberto Burnichon, Jean-marc Richon
Manipulation lumière et vidéo : Alberto Burnichon
Conception vidéo, voix, corps, sons actions poé­ti­ques : Jean-marc Richon

Mercredi 9 et jeudi 10 mai, 20h30, au theatre Le RING à Toulouse, 6/8/12€

Roberto Juarroz (1925 - 1995, Buenos Aires) était un poète argentin, considéré comme un des poètes majeurs de son temps, dont l’œuvre est rassemblée sous le titre unique de « Poesía vertical ». (Seul varie le numéro d’ordre, de recueil à recueil : Segunda, Tercera, Cuarta… Poesía Vertical. Nul titre non plus à aucun des poèmes qui composent chaque recueil.)
Par ce titre unique et chargé de sens de « Poésie Verticale » qu’il a donnée à toute son œuvre depuis son premier livre, Roberto Juarroz a cherché à traduire la verticalité de la transcendance, « bien entendu incodifiable », précise-t-il dans un entretien.
Sa poésie est une poésie différente, un langage de débuts et de fins, mais en chaque moment, en chaque chose. La verticalité s’exprime vers le bas et vers le haut, chaque poème se convertissant en une présence qui représente ce double mouvement, cette polarité qui définit la parole de l’homme lorsque cette parole ne se situe pas dans des limites conventionnelles.
Juarroz, en choisissant de donner ce titre unique à chacun de ses recueils, et en ne donnant pas de titre à ses poèmes, a voulu d’une certaine façon tendre vers l’anonymat des couplets ou des refrains populaires que l’on répète sans en connaître l’auteur, depuis longtemps disparu et oublié. Il explique qu’il a fait ce choix, parce que, selon lui « chaque titre, surtout en poésie, est une espèce d’interruption, un motif de distraction qui n’a pas de vraie nécessité. Sans titre, le recueil s’ouvre directement sur les poèmes, un peu comme ces tableaux dont l’absence de titre vous épargne les détours de l’interprétation ».
Dans l’un de ses derniers recueils, Treizième poésie verticale, publié en 1993, Roberto Juarroz forme le vœu de parvenir à « dessiner les pensées comme une branche se dessine sur le ciel ».

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