Compagnie Kobez
danse / théâtre
« Le plus court chemin qui conduise à soi-même vous mène autour du monde »
henri de Keyserling
Quatre vies, quatre chemins et un double duo entre danse et théâtre.
L’histoire s’écrit toute seule. Comme point de départ : l’habitude. Tout un chapelet de notes de journal, de pages arrachées aux carnets de voyage, les anecdotes de deux couples parcourant le monde, valises, cartons, objets souvenirs, photographies ou films amateurs de monastères coréens, croix bretonnes, forêts roumaines et fumées volcaniques… Pensées, sensations, atmosphères sont scellées dans ces quatre corps qui nous les restituent. Quatre histoires qui se tissent les unes dans les autres, comme sous les doigts du vannier ajustant les uns aux autres les rameaux de son panier, les pliant de la sorte pour un unique objet. Quatre êtres pour que vibre une seule et même voix.
« Relations humaines, rencontres, amitiés, salutations. Ce sont ces histoires qui apparaissent tour à tour et forment l’entité de notre pièce intitulée HhouAka (A)
Le crissement cruel des cristaux de sel sous le soleil estival des salines slovènes, le soleil couchant de la Voïvodine épié à travers les tournesols mûrs, les vagues de la côte marseillaise, le rose toulousain, les courbes des dessins des grottes australiennes dans le parfum de la forêt d’eucalyptus, les jeunes couples en tenue identique arrivant pour leur lune de miel dans un bois de mandariniers sur une île volcanique coréenne, les soirées arrosées de saké dans la serre Hakusu, autant de souvenirs et d’anecdotes qui constituent le point de départ d’une production en train de prendre forme. Ces mosaïques multicolores nous incitent à produire une pièce qui puisse rassembler ces miettes éparses. Les musiciens Rodolphe Bourotte et Latifa Le Forestier ainsi que les danseurs Heni Varga et Denes Debrei souhaitent à cette occasion développer une nouvelle technique de travail liant intimement danse et musique, permettant la transformation de l’attention mécanique et automatique en concentration pure. En outre, hormis la danse et la musique, le texte, l’élocution et la récitation constituent un élément totalement nouveau dans ce projet, ouvrant la voie à l’expérimentation de la résonance de la voix humaine non seulement dans le corps et dans l’espace, mais aussi dans son aboutissement à sa forme chantée, articulée ou non jusqu’au public.
Nous cherchons des réponses dans l’espace et dans le temps aux questions des voyageurs : dans quelle direction ? Jusqu’où ? Pourquoi ? Où ? D’où ? Pour qui ? Où se tapissent les sentiments, dans quel tiroir secret du corps, l’agréable, l’amer, le bonheur, le douloureux. Que provoque la lueur glaciale de l’aube sur la place centrale de Moscou dans la pensée, le geste, et que déclenche l’aurore aveuglante dans les rues de Séville, quelle sensation dans le corps et dans la musique.
Comment les tonalités, les formes corporelles et leurs esquisses se dessinent-elles dans un espace vide, homogène, changeant, pouvant être ordonné ou désordonné, rempli ou vide ? Comment le corps change-t-il dans l’espace, comment l’espace se développe-t-il dans le corps ? Quel message porte la cohue d’un marché à Hong Kong où celle d’un marché aux poissons a Bergen ? Toutes ces pensées, sensations, atmosphères sont scellées dans quatre corps créateurs les vivant et les traduisant chacun de façon différente. Au cours de ce travail, les histoires se tissent les unes dans les autres, comme le tresseur de paniers qui ajuste, tresse les différents rameaux les uns aux autres, créant un objet harmonieux, unique. C’est ainsi que nous souhaitons nous aussi unifier, ajuster, courber chacun des rameaux composant les quatre êtres respectifs, afin que HhuAka (A) vibre d’une seule et même voix. »
Denes Debrei.
musique_latifa le Forestier, rodolphe Bourotte
danse_heni Varga, denes Debrei
video_franck Cantereau
Coproduction :
Centre chorégraphique national de d’Orléans
Centre culturel Novi Sad (Serbie)
Nyari Mozi Subotica (Serbie)
Région midi-pyrénnée
Ville de Toulouse
Le RING



