compagnie Lohengrin
WAS BLEIBT ABER STIFTEN DIE BOMBEN / ce qui reste les bombes l’engendrent
D’abord des mots qui disent la mémoire de l’histoire.
Une scène-paysage. Un espace mental. Ensuite la femme.
Une ritournelle. De la musique de foire.
Enfin un visage.
Ça qui reste et devient.
« Honnêtement, avant Müller, je n’avais jamais éprouvé d’intérêt particulier pour le mythe de Médée.
C’est le poème qui m’a frappée d’abord, le souffle de l’écriture, en deça de son sujet.
A la catastrophe qui court partout, Müller oppose une parole vivante, un soulèvement de la langue commune. Müller écrit comme on se souvient. Comme on rêve aussi. Par surgissements, éclats, fragments.
Et ses textes me parlent de moi, de nous, des morts et des vivants, de guerres et d’exils, de tout ce qui passe et revient. C’est donc une histoire de mémoires. Le sens, lui, est toujours ailleurs. Non figé, en mouvement. Entre moi qui écoute et les mots qui disent. Dans l’espacement.
C’est ça que je voudrais dire en fait. Ne rien dire que tracer l’empreinte d’un passage. Pour témoigner de nous. »
Laurence Riout
On connaît ce tryptique d’heiner Müller, une de ses oeuvres les plus montées, un parcours à travers les désastres passés et à venir de l’Occident, prenant pour pivot le mythe de Médée.
L’interprétation qu’en donne Lohengrin, évacue la représentation des images, au profit d’un recentrement sur la langue dans un dispositif minimaliste. La lumière seule indique le passage d’un temps à l’autre. Rythme et musicalité sont les moteurs d’un jeu fondé par ailleurs sur les tensions entre trois corps. Trois messagers des catastrophes advenues, guerres, colonisations, exils… et des dévastations futures. Dans un dispositif abstrait se joue la parole portée par ces protagonistes selon une partition minutieuse alternant scansion, récitatif, polyphonie et chant.
Avec les textes Matériau-Médée et Paysage avec Argonautes de Heiner Müller
Traduction Jean Jourdheuil et Heinz Schwarzinger (Les Editions de Minuit)
Mise en scène Laurence Riout – Cie Lohengrin
Avec Jean-Marie Champagne, Amandine Monin et Gaspard Chauvelot
Composition musicale Philippe Gelda
Lumières Didier Roux













